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Le drainage d’un mur de soutènement
Un mur de soutènement qui penche a rarement un problème de béton. Il a un problème d’eau. Voici les quatre pièces qui évacuent cette eau, et les signes qui disent qu’elles ne travaillent plus.
Un mur de soutènement qui penche n’a presque jamais un problème de béton. Il a un problème d’eau.
C’est la cause numéro un des ouvrages qui basculent, se fissurent en escalier ou se couvrent de traînées blanches. Et c’est aussi la partie du chantier qu’on ne voit plus une fois le terrain remis en place — donc celle qu’on est tenté d’alléger.
Un mur retient de la terre, et aussi de l’eau
La terre derrière un mur pousse. C’est pour ça qu’on construit le mur, et son épaisseur est calculée pour ça.
Mais quand il pleut trois jours, l’eau s’infiltre dans le remblai et ne trouve pas de sortie. Elle s’accumule. Elle pousse alors elle aussi, dans toutes les directions, et sa poussée s’ajoute à celle des terres.
Un remblai saturé peut facilement doubler la charge que le mur doit encaisser. Un ouvrage dimensionné correctement pour de la terre sèche devient sous-dimensionné le jour où l’eau reste derrière. Il ne cède pas tout de suite. Il cède au troisième automne pluvieux.
L’hiver ajoute sa part
De l’eau piégée derrière un mur, en janvier, gonfle en gelant. Elle pousse le parement vers l’avant, millimètre par millimètre, gel après dégel.
Sur les coteaux du Vully, où les murs de vigne et les murs de terrasse encaissent la bise et les redoux, ce cycle est le principal vieillisseur des ouvrages. Le mur ne casse pas d’un coup : il avance.
Les quatre pièces d’un drainage qui fonctionne
Un drainage correct, c’est quatre éléments qui travaillent ensemble. Il en manque un, l’ensemble perd beaucoup.
- Le drain : un tuyau percé posé au pied du mur, côté terre, avec une légère pente.
- Le matériau drainant : du gravier propre, sur toute la hauteur, contre le mur.
- Le géotextile : un feutre qui sépare la terre du gravier.
- Les barbacanes : des trous qui traversent le mur pour laisser sortir ce qui reste.
Le drain, et pourquoi il baigne dans du gravier
Le tuyau se pose au plus bas, contre la semelle. Il est percé sur une partie de sa circonférence, et cette partie se met vers le haut : l’eau tombe dedans, elle ne remonte pas.
Autour, du gravier lavé. Le gravier ne retient pas l’eau, il la laisse filer : entre les cailloux, il y a du vide. C’est ce vide qui conduit l’eau vers le drain plutôt que vers le mur.
Une erreur classique : remblayer directement avec la terre sortie de la fouille. Une terre argileuse, comme on en trouve beaucoup dans la plaine broyarde, retient l’eau au lieu de la laisser passer. Elle transforme le remblai en éponge collée au dos du mur.
Le géotextile, ce feutre qu’on saute pour économiser
Sans séparation, les fines particules de terre migrent dans le gravier à chaque pluie. Au bout de quelques années, les vides sont comblés. Le gravier est toujours là, mais il ne draine plus rien.
Le géotextile est un feutre qui laisse passer l’eau et retient les fines. Il coûte quelques francs le mètre carré. C’est la pièce la plus rentable de tout l’ouvrage : il fait la différence entre un drainage qui dure trente ans et un drainage qui dure six ans.
Les barbacanes : petits trous, grand effet
Ce sont des tubes qui traversent le mur de part en part, tous les deux à trois mètres environ, en partie basse. Ils évacuent l’eau qui aurait échappé au drain.
Un mur sans barbacane n’est pas forcément condamné, mais il perd sa seconde chance. Et si vous voyez de l’eau sortir d’une barbacane après un orage, ne la bouchez pas : elle fait exactement son travail. C’est le seul tuyau de votre jardin qui a le droit de fuir.
Où va l’eau ensuite ?
Un drain doit aller quelque part. Vers un puits perdu, une canalisation d’eaux claires, un fossé, un point bas du terrain. Un drain qui débouche dans le vide se remplit et devient un réservoir.
Dans la plaine, entre la Broye et la rive du lac, la nappe est souvent haute. Un puits perdu creusé dans un sol déjà saturé ne se vide jamais. C’est un point à vérifier avant de choisir l’exutoire, pas après.
Le raccordement aux eaux claires passe en général par une autorisation communale. Le service technique de votre commune vous dira ce qui est admis sur votre parcelle.
Les signes qu’un drainage ne tient plus
Un mur vous prévient bien avant de bouger. Quatre signaux se lisent depuis le jardin :
- Des traînées blanches sur le parement. Ce sont des sels minéraux déposés par l’eau qui traverse le mur.
- De la mousse ou des fougères au pied du mur, alors que le reste du jardin est sec.
- Une fissure en escalier qui suit les joints, souvent à un tiers de la longueur.
- Un dévers : posez un niveau contre le parement. Un mur qui penche vers l’avant a déjà travaillé.
Si la fissure vous inquiète, l’article fissure dans un mur : laquelle doit vous inquiéter explique comment poser un témoin de plâtre et mesurer avant d’appeler.
Ce que ça coûte, et ce que ça évite
Sur ce site, un mur de soutènement standard est chiffré entre 4’000 et 9’000 CHF, et un mur en gabions entre 180 et 490 CHF/m². Le drainage représente une part modeste de ce total : le gravier, le tuyau, le feutre et la main-d’œuvre pour les poser.
Le reprendre après coup, en revanche, veut dire rouvrir la fouille sur toute la longueur, avec un mur qui a déjà bougé. C’est le même chantier que le premier, plus la démolition. Le détail des ouvrages extérieurs est sur la page murs, murets et terrasses, et le comparatif des types de murs sur mur de soutènement.
Sur les pentes de Vully-les-Lacs, où chaque terrasse gagnée sur le coteau tient par un mur, la question du drainage se pose à chaque projet. Décrivez le vôtre dans le formulaire ci-contre : hauteur, longueur, et ce qu’il y a au-dessus.
Trois questions rapides
Oui, mais cela revient à rouvrir la fouille derrière le mur sur toute sa longueur, puis à remonter un remblai drainant correct. Le chantier ressemble beaucoup à la construction d’origine. C’est pour cette raison que le drainage est la ligne du devis qu’il ne faut pas raboter au moment de la construction.
Un gabion est une cage de cailloux : l’eau le traverse librement, donc il ne retient pas de pression d’eau. Il faut néanmoins un géotextile entre la terre et les cailloux, sinon les fines de terre remplissent le gabion et il perd sa perméabilité. Et la fondation reste à traiter comme pour n’importe quel mur.
C’est exactement ce qu’on attend d’elle. Une barbacane sèche en permanence est plus inquiétante : soit elle est bouchée, soit l’eau trouve un autre chemin à travers le mur. Ne bouchez jamais une barbacane pour des raisons esthétiques.
Un mur qui penche ou un talus à tenir ?
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