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Construction & gros œuvre en Broye
Fondations, murs porteurs, dalles : la partie du chantier que vous ne reverrez jamais, et dont tout le reste dépend pendant cinquante ans.
Ce que recouvre vraiment le mot gros œuvre
Le gros œuvre, c'est tout ce qui tiendrait encore debout si on enlevait le reste. Les fondations, les murs porteurs, les dalles de chaque niveau, la charpente. Le second œuvre, c'est ce qu'on ajoute ensuite : cloisons légères, électricité, chauffage, revêtements.
Le gros œuvre est la seule partie de votre maison que vous ne montrerez jamais à personne. C'est aussi la seule que vous ne pourrez pas refaire. Une erreur de fondation ne se rattrape pas au moment des peintures.
Le sol commande, pas le plan
Une bonne partie de la Broye est une plaine alluviale : la rivière a déposé là, pendant des millénaires, ce qu'elle a arraché plus haut. Résultat, deux parcelles voisines peuvent ne rien avoir en commun trois mètres sous la surface. Un terrain qui porte à Avenches et un remblai récent près de la Broye ne demandent pas les mêmes fondations.
D'où l'étude de sol, faite par un géotechnicien avant de dessiner les fondations. Elle dit ce que le terrain supporte et à quelle profondeur. C'est un poste modeste dans un budget de construction, et c'est le dernier à raboter : une fondation sous-dimensionnée se paie en fissures pendant trente ans.
Radier, semelles filantes ou pieux
- Les semelles filantes suivent les murs porteurs, comme des rubans de béton armé. C'est la solution courante quand le sol porte bien.
- Le radier est une grande dalle armée sous toute la maison. Il répartit le poids sur une plus grande surface : c'est ce qu'on choisit quand le sol est mou ou irrégulier.
- Les pieux descendent chercher une couche portante en profondeur. Plus rare pour une villa, mais parfois inévitable près d'un cours d'eau.
Ce choix n'est pas une préférence du maçon. Il sort de l'étude de sol et du calcul de l'ingénieur.
Les murs : trois façons de monter
Le bloc de ciment est rapide et économique, il sert souvent pour les sous-sols et les murs enterrés. La brique de terre cuite est le standard des maisons individuelles romandes : elle isole mieux et se monte proprement. Le béton banché, coulé entre deux coffrages, s'impose là où la structure demande de la résistance — sous-sol, cage d'escalier, mur de contreventement.
C'est aussi à ce stade qu'on prévoit les réservations : les trous et passages pour les fenêtres, les gaines, les canalisations. Une réservation oubliée se rattrape à la disqueuse, et ça se voit toujours.
Les dalles, et le froid qui décide du calendrier
Chaque niveau reçoit sa dalle de béton armé, dimensionnée pour ce qu'elle porte. Celle du rez intègre en général l'isolation et, si le projet le prévoit, les boucles du chauffage au sol.
Le béton, lui, n'aime pas le froid. En dessous de quelques degrés, il prend mal et perd de sa résistance. On peut y remédier — ciments adaptés, adjuvants, bâches — mais tout cela coûte et se planifie. Dans la plaine de la Broye, où le gel s'installe volontiers en janvier, un chantier commandé en fin d'automne démarre souvent au printemps. La norme suisse SIA 262 encadre ces règles : elle définit comment on calcule et comment on exécute une structure en béton.
Le sous-sol, le mètre carré le plus cher de la maison
Creuser coûte, évacuer la terre coûte, et un mur enterré demande davantage qu'un mur en élévation : une étanchéité extérieure, un drainage périphérique, parfois une protection contre l'eau sous pression. C'est pour cela qu'une villa avec sous-sol et la même villa sur dalle ne se comparent pas au mètre carré.
La question mérite d'être tranchée tôt, sur la base de l'étude de sol. Sur une parcelle basse, près d'un cours d'eau de la plaine, un sous-sol devient vite le poste le plus lourd du gros œuvre. Sur un terrain en pente comme on en trouve vers Moudon ou sur les coteaux du Vully, il se gagne presque naturellement — on creuse d'un côté, on sort de plain-pied de l'autre.
Les étapes, dans l'ordre où elles arrivent
1. Terrassement
On décaisse, on évacue la terre, on met le fond de fouille à niveau. C'est là que les surprises apparaissent : une ancienne canalisation, un remblai, de l'eau.
2. Fondations
Coulage des semelles ou du radier, sous la limite du gel. Le bâtiment prend sa position définitive : à partir d'ici, tout est mesuré depuis ces points-là.
3. Sous-sol et murs enterrés
Montage, puis étanchéité extérieure et drainage périphérique. Deux ouvrages qu'on ne reverra jamais et qui décident si la cave restera sèche.
4. Élévation des murs
Niveau après niveau, avec les réservations. Le chantier prend enfin une forme reconnaissable depuis la route.
5. Dalles et escaliers
Coffrage, ferraillage, coulage, puis temps de séchage. C'est le rythme qu'on ne peut pas accélérer.
6. Mise hors d'eau
Charpente et couverture posées, le bâtiment est fermé. Le second œuvre peut commencer.
Permis : la procédure dans les deux cantons
Une construction neuve passe toujours par une autorisation. Les deux textes ci-dessous ont été lus dans leur version en vigueur.
Canton de Vaud
Tout projet de construction ou de démolition se soumet à la commune, qui décide s'il faut une autorisation — et pour une maison neuve, la réponse est oui. Le dossier est établi par un architecte, et par un ingénieur pour les plans relevant de sa spécialité. Les autorisations spéciales cantonales sont centralisées par la CAMAC, qui adresse à la municipalité une communication unique des décisions cantonales.
RLATC (700.11.1), art. 68a, 72d al. 3, 73a, version dès le 01.08.2023
Canton de Fribourg
La construction de nouveaux bâtiments, les reconstructions, les agrandissements et les surélévations sont soumis au permis selon la procédure ordinaire. La demande se dépose auprès de la commune au moyen de l'application cantonale de gestion des permis de construire, et aussi sous forme papier. Une demande préalable existe pour tester un projet avant le dossier complet.
ReLATeC (RSF 710.11), art. 84 al. 1 let. a, art. 88 et 89, version dès le 01.01.2024
Comptez plusieurs mois entre le dépôt du dossier et le permis, selon la complexité du projet, la zone et les éventuelles oppositions. C'est presque toujours cette phase-là, et non le chantier, qui fixe la date d'emménagement.
Prix indicatifs du gros œuvre
| Poste | Prix indicatif |
|---|---|
| Gros œuvre complet, construction neuve | 2'500 – 5'500 CHF/m² habitable |
| Dalle béton armée | 15 – 100 CHF/m² |
| Fondations | Sur devis, après étude de sol |
Fourchettes indicatives 2026, à titre d'ordre de grandeur, hors terrain, hors honoraires et hors second œuvre. La lecture d'un devis est expliquée sur la page prix de la maçonnerie.
Ce que le maçon ne fait pas
Une entreprise de maçonnerie exécute. Elle ne conçoit pas le bâtiment et ne signe pas les plans. L'architecte dessine et pilote le dossier, l'ingénieur civil calcule la structure, le géotechnicien examine le sol. Une entreprise sérieuse vous le dira d'entrée plutôt que de vous laisser croire qu'un devis remplace un permis.
Si votre projet est une pièce en plus plutôt qu'une maison entière, c'est la page agrandissement et extension qui vous concerne. Si vous travaillez sur un bâtiment existant, voyez la rénovation de maçonnerie.
Comment on démarre
Décrivez le projet en quelques lignes : commune, surface envisagée, avec ou sans sous-sol, et où vous en êtes — terrain repéré, plans en cours, permis obtenu. La demande part le jour même vers une entreprise partenaire active dans votre secteur de la Broye. Premier retour en général sous 48 h, sans engagement.
Pour continuer : la page maçon à Payerne pour la Broye vaudoise, et le blog pour les articles de chantier.
Gros œuvre : vos questions
Comptez 2'500 à 5'500 CHF par m² habitable pour le gros œuvre complet : fondations, murs porteurs, dalles. Un sous-sol enterré, un terrain en pente ou une forme de bâtiment compliquée poussent vers le haut de la fourchette. Seul un devis basé sur les plans définitifs et sur une étude du sol donne un chiffre fiable.
Le gros œuvre est tout ce qui tient debout tout seul : fondations, murs porteurs, dalles, charpente. Le second œuvre, ce sont les finitions et les équipements posés une fois la structure fermée : cloisons légères, électricité, chauffage, revêtements. Le maçon intervient presque uniquement sur le gros œuvre.
Oui, systématiquement. À Fribourg, le ReLATeC soumet la construction de nouveaux bâtiments à la procédure ordinaire, avec dépôt de la demande auprès de la commune. À Vaud, tout projet de construction se soumet d'abord à la commune ; les autorisations spéciales cantonales sont centralisées par la CAMAC, qui communique la décision cantonale à la municipalité.
À savoir ce que le terrain porte, et à quelle profondeur. Elle dit s'il faut des semelles filantes, un radier, ou des pieux. Sans elle, on dimensionne au jugé, et une fondation sous-dimensionnée se paie en fissures pendant trente ans. C'est le premier poste à ne pas raboter dans un budget de construction.
Pas librement. En dessous de quelques degrés, le béton prend mal et perd de sa résistance. Il existe des ciments adaptés, des adjuvants et des bâches chauffantes, mais tout cela coûte et se planifie. Dans la plaine de la Broye, un chantier commandé en fin d'automne démarre souvent au printemps.
C'est la norme suisse qui régit les structures en béton : comment on les calcule, comment on les exécute, quelle qualité de béton pour quel usage. Une référence à la SIA 262 dans un devis signifie que l'ouvrage est chiffré selon les règles reconnues, et non sur une habitude de chantier.
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