
Maçon à Lucens
Lucens, c’est un bourg de fond de vallée sous son château, et six villages de coteau autour : Brenles, Chesalles-sur-Moudon, Cremin, Forel-sur-Lucens, Oulens-sur-Lucens et Sarzens. Un plat et des pentes, donc deux chantiers très différents.
Une commune qui s’étend du fond de la vallée jusqu’aux hameaux du coteau ne pose pas les mêmes questions selon l’adresse. Le sol change, l’accès change, et l’hiver n’est pas le même à cinq kilomètres de distance.
Deux sols pour une commune
Le fond de vallée est alluvial : graviers, limons et argile déposés par la Broye, avec une eau qui circule à faible profondeur. Sur les hauteurs, on retrouve la molasse du Jorat — un grès tendre en surface, compact et portant dès qu’on a passé la couche altérée.
Ce n’est pas une nuance de géologue. Cela décide du mode de fondation, de la profondeur de fouille et de la manière de tenir un talus.
Les lotissements du fond de vallée
Le bourg a gagné des quartiers résidentiels ces dernières décennies. Le terrain y est plat et dégagé, ce qui simplifie tout : la machine entre, la benne se pose, le camion tourne.
Les demandes suivent : villa neuve, dalle de garage, terrasse, agrandissement de plain-pied. Le point de vigilance reste la portance et la nappe. Sur un terrain hétérogène, un radier évite que deux semelles voisines se tassent chacune à leur rythme — le sujet est traité dans radier ou fondations filantes.
Les six villages, et la question de l’accès
Brenles, Chesalles-sur-Moudon, Cremin, Forel-sur-Lucens, Oulens-sur-Lucens, Sarzens : des noyaux villageois compacts, avec des routes étroites entre les fermes et des cours partagées.
La contrainte n’y est pas la pente mais le gabarit. Un camion de livraison qui ne peut pas tourner impose une reprise à la main, et une cour commune se traverse avec l’accord des voisins. Ce sont des détails qui ne se voient pas sur un plan et qui pèsent sur un devis.
La distance joue aussi. Regrouper plusieurs postes en une seule intervention coûte moins que trois passages étalés sur l’année.
Les fermes de coteau
Ces villages gardent des fermes anciennes : murs épais en moellons hourdés à la chaux, encadrements en molasse, grange accolée au logement.
Deux chantiers y reviennent. Ouvrir le rural pour en faire de l’habitable, ce qui suppose d’étayer et de poser un linteau qui reprend réellement la charge du mur. Et traiter le pied de mur humide, en commençant toujours par l’extérieur : descentes d’eau, décaissement, dégagement du pied de façade.
Les murs qui tiennent les jardins
Dès qu’on quitte le plat, chaque terrasse se gagne sur la pente. Le mur qui la tient vit ou meurt par son drainage : un drain au pied, du gravier, un feutre de séparation, des barbacanes.
L’erreur la plus courante est de remblayer derrière le mur avec la terre sortie de la fouille. Une terre argileuse retient l’eau au lieu de la laisser filer : elle transforme le remblai en éponge collée au dos de l’ouvrage.
L’hiver : le coteau gagne, la vallée perd
C’est l’une des particularités les plus utiles à connaître ici. En décembre et janvier, le brouillard s’installe dans le fond de la vallée pendant que les hameaux du haut passent la journée au soleil.
Un chantier de coteau peut donc bétonner un jour où le fond de vallée plafonne à un degré. Les protections restent obligatoires — bâche, coffrage laissé en place, fond de fouille jamais gelé — ; l’article bétonner par temps de gel détaille ce qui se joue la première nuit.
Permis : le régime vaudois
Pas de seuil cantonal clair pour les murs de soutènement dans le RLATC ; en pratique une autorisation est attendue dès environ un mètre, et le règlement communal prime. Pour un projet situé dans l’un des villages, vérifiez aussi les règles de distance à la route.
Le service technique de la commune reste le seul à pouvoir répondre pour votre parcelle. Le récapitulatif du district est sur la page des communes de la Broye .
Par où commencer
Pour une construction neuve : le sondage de sol avant les plans. Pour une ferme : le toit et les eaux extérieures avant l’intérieur. Pour un mur : le drainage avant le parement. Décrivez votre projet ci-dessous en indiquant le village ; on vous rappelle sous 48 heures.
Trois questions posées à Lucens
Cela dépend de l’endroit. Dans le fond de vallée, le sol alluvial peut changer de nature d’un bout à l’autre de la parcelle et la nappe n’est pas loin : le radier prend souvent le dessus. Sur le coteau, une fois passée la couche de molasse altérée, le terrain porte mieux et des semelles filantes suffisent fréquemment. Un sondage de sol tranche, pas une habitude.
Oui, ils font partie de la commune et du secteur couvert. La difficulté n’y est pas la pente mais le gabarit des accès : routes étroites, cours partagées, camions qui ne tournent pas. Regrouper plusieurs travaux en une seule intervention réduit nettement le poids des déplacements dans le devis.
Souvent oui, avec les protections d’usage. Les hameaux de coteau sortent régulièrement du brouillard qui stagne dans la vallée et gagnent plusieurs degrés sur la journée. Il faut néanmoins bâcher, laisser le coffrage en place plus longtemps et ne jamais couler sur un fond de fouille gelé, qui se détend au dégel et laisse un vide sous la semelle.
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